Fresnes et le devenir de sa prison

Fresnes est intimement lié à sa prison et toute réflexion sur le sujet doit se situer dans le contexte d’une préservation d’un établissement pénitentiaire à Fresnes qui a un caractère historique sur deux plans :

– son architecture, novatrice pour l’époque, fut recopiée pour de nombreuses prisons ultérieures

– les heures noires de l’Occupation l’ont rendu tristement célèbre et elle fut aussi utilisée après guerre pour des internements de prisonniers politiques

La France est régulièrement condamné pour la vétusté et l’insalubrité de ses prisons et Fresnes est particulièrement visée par ces critiques : c’est un double problème, d’une part pour les détenus qui sont enfermés dans des conditions déplorables, d’autre part pour les surveillants qui ont une très mauvaise qualité de vie. Sur 1000 personnels, environ 50 à 60 % ont fait une demande de mutation et 10% obtiennent chaque année la mutation tant espérée : un « turn-over » record !

Face à cette situation, les projets parfois échafaudés d’une réhabilitation sur site doivent être abandonnés au profit de projets plus ambitieux combinant deux angles d’attaque :

– construction de prisons neuves et fonctionnelles sur de vastes étendues pour permettre de desserrer les prisonniers (encellulement individuel) et fournir un cadre de vie agréable aux surveillants,

– maintien d’une petite unité pénitentiaire de type prison-modèle pour concevoir et expérimenter de nouvelles approches éducatives permettant de faire des prisons des lieux de seconde chance et éviter ainsi la récidive.

S’agissant des nouvelles prisons à la campagne, on veillera à les situer a proximité immédiate de lignes à grande vitesse (soit existantes, soit nouvelles) afin que des liaisons rapides et fréquentes et à coût modéré (des navettes) permettent un accès rapide aux métropoles et favorise la venue des familles et professionnels (juges, avocats). Trop de prisons ont été construites dans des endroits difficiles d’accès et tous en pâtissent (professionnels, familles, surveillants pour leurs loisirs).

S’agissant de la prison-modèle, sa proximité de Paris et du reste de la France et même de l’étranger (aéroport d’Orly et future gare TGV d’Orly) militerait pour qu’on lui adjoigne des équipements de type musée (pour son caractère historique) et salles de travail et de conférence pour des colloques et des recherches universitaires sur les problématiques d’incarcération, d’insertion et même de libertés.

Toutes ces idées semblent encore très futuristes mais plus on commencera tôt, avec l’appui des habitants en général et des surveillants en particulier, des associations humanitaires, des universitaires, plus on avancera la date des vraies solutions durables. Nous engagerons assez rapidement cette réflexion en associant d’autres villes qui possèdent une prison sur leur territoire.

Nota 1 : quant à l’avenir des personnels actuels de la prison de Fresnes, soit ils auront obtenu la mutation qu’ils recherchent (peut-être dans une de ces nouvelles prisons à la campagne mais interconnectées), soit ils s’emploieront dans la prison-modèle complètement rénovée.

Nota 2 : la prison modèle occupant une bien moins grand surface qu’actuellement (un tiers ou un quart), l’espace libéré pourra constituer un vaste parc disponible pour tous les habitants du quart nord-est de notre ville plus quelques immeubles de standing en lisière de ce parc, tant pour équilibrer financièrement l’opération que pour travailler activement à la mixité sociale.

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